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Parc immobilier : cartographier les échéances de garanties assurantielles
📋 L’ESSENTIEL EN 60 SECONDES
- Trois délais courent en parallèle depuis la réception : parfait achèvement (1 an), bon fonctionnement sur équipements dissociables (2 ans), décennale (10 ans) — la dommages-ouvrage préfinançant cette dernière
- Le point de départ est la réception, pas la livraison ni la mise en service : la date se prouve par le PV, seule donnée du dossier technique qui ne se reconstitue pas
- La maille du registre est la réception, pas l’adresse : une opération livrée en trois tranches porte trois calendriers décennaux distincts
- Sept champs suffisent : unité réceptionnée, date et référence du PV, trois dates butoirs calculées, police DO, entreprises et attestations, désordres ouverts, prochain audit programmé
- Fenêtre d’audit utile : environ 12 mois avant chaque échéance, avec un point de contrôle à T-3 mois — le temps de constater, qualifier, déclarer et expertiser contradictoirement
- Délais assureur DO : 60 jours pour se prononcer sur la mise en jeu des garanties, 90 jours pour présenter une offre d’indemnité à compter de la déclaration
- Une entreprise liquidée ne referme pas le dossier : l’assurance décennale est attachée au chantier et à la période de souscription — encore faut-il avoir conservé l’attestation
- AEB 360, cabinet d’expertise en bâtiment indépendant à Lyon, accompagne gestionnaires de parc, bailleurs et syndics en Auvergne-Rhône-Alpes — 📞 04 82 83 97 00 | contact@aeb360.fr
Sur un parc immobilier, la question la plus coûteuse n’est pas « quel est l’état de ce bâtiment ». C’est « jusqu’à quand un tiers en répond ». Les deux se traitent différemment : la première relève du diagnostic technique, la seconde d’un calendrier — et ce calendrier produit ses effets que le gestionnaire le suive ou non.
Chaque actif livré porte trois délais simultanés courant depuis la réception : un an de parfait achèvement, deux ans de bon fonctionnement sur les équipements dissociables, dix ans de responsabilité décennale. À l’échelle d’un bâtiment, le suivi tient dans la mémoire d’un responsable technique. À l’échelle d’un portefeuille livré sur quinze ans, il tient dans un registre — ou il n’existe pas. Et lorsqu’il n’existe pas, les actifs sortent de garantie sans que rien ne le signale, puis produisent des désordres que le budget d’exploitation absorbe silencieusement.
Le cabinet AEB 360, cabinet d’expertise en bâtiment indépendant basé à Lyon, intervient auprès des gestionnaires de parc, bailleurs et syndics en Auvergne-Rhône-Alpes, sans lien avec les assureurs ni avec les entreprises de travaux. Cet article expose la méthode : déterminer le point de départ réel des délais, structurer un registre exploitable, fixer la fenêtre d’audit avant chaque échéance, et préserver l’action au moment de la déclaration.
1. Le risque n'est pas technique, il est calendaire
Trois horloges tournent en parallèle sur chaque bâtiment
Sur un actif livré, trois délais courent simultanément à compter de la réception : un an de garantie de parfait achèvement, deux ans de garantie de bon fonctionnement sur les équipements dissociables, dix ans de responsabilité décennale — cette dernière étant financée, lorsqu’elle a été souscrite, par la police dommages-ouvrage. Trois horloges, trois périmètres, trois interlocuteurs.
À l’échelle d’un actif isolé, le suivi relève de la mémoire du gestionnaire. À l’échelle d’un portefeuille de vingt, cinquante ou deux cents bâtiments livrés à des dates différentes, il relève d’un registre — ou il n’existe pas. Dans la pratique, l’information est dispersée entre le dossier des ouvrages exécutés, les procès-verbaux de réception, les attestations d’assurance des entreprises et les échanges de fin de chantier. Elle est rarement consolidée, et presque jamais datée.
Ce que coûte une échéance manquée
L’asymétrie est totale. Un désordre déclaré la veille de l’expiration du délai reste couvert ; le même désordre déclaré le lendemain devient une charge d’exploitation. Entre les deux, il n’y a pas de zone grise : la forclusion est acquise, et aucune négociation ne la rouvre.
Sur un parc, l’effet est mécanique : les bâtiments dont personne ne surveille l’échéance sortent de garantie sans que rien ne se passe, puis produisent des désordres que le budget travaux absorbe. Le coût n’apparaît jamais comme une perte — il apparaît comme une dépense d’entretien. C’est précisément ce qui le rend invisible en gestion.
💡 CONSEIL D’EXPERT AEB 360
La date de réception est la seule donnée non reconstituable
Tout le reste d’un dossier technique peut être reconstitué : les plans se retrouvent, les entreprises se recontactent, l’état d’un ouvrage se constate. La date de réception, elle, se prouve par le procès-verbal — et un PV perdu, c’est un point de départ contestable, donc une garantie fragilisée. Lors de toute reprise de gestion ou de toute acquisition, la première pièce à exiger n’est pas le DOE : c’est le PV de réception, avec ses réserves et la date de leur levée. Si le PV est introuvable, il faut le savoir dès le premier jour, pas trois ans plus tard face à un assureur.
2. Les quatre garanties à porter au registre
Ces quatre régimes ne se substituent pas : ils se superposent sur des périmètres distincts. Un même désordre peut relever de plusieurs d’entre eux selon sa nature et sa date d’apparition.
| Régime | Durée depuis la réception | Périmètre | Interlocuteur |
|---|---|---|---|
| Parfait achèvement (art. 1792-6 C. civ.) | 1 an | Réserves du PV + tout désordre signalé dans l’année, quelle que soit sa gravité | L’entreprise titulaire du lot |
| Bon fonctionnement (art. 1792-3 C. civ.) | 2 ans | Éléments d’équipement dissociables : CVC, ascenseurs, contrôle d’accès, portes automatiques, éclairage | L’entreprise et son assureur RC |
| Décennale (art. 1792 et 1792-4-1 C. civ.) | 10 ans | Atteinte à la solidité de l’ouvrage ou impropriété à destination (structure, clos et couvert, étanchéité, dallage) | Les constructeurs et leurs assureurs décennale |
| Dommages-ouvrage (art. L. 242-1 C. assur.) | Jusqu’à la fin de la 10ᵉ année | Préfinancement des désordres de nature décennale, sans recherche de responsabilité | L’assureur DO du maître d’ouvrage |
La dommages-ouvrage est celle que les portefeuilles perdent le plus souvent de vue : elle a été souscrite par le maître d’ouvrage d’origine, et son numéro de police ne suit pas toujours l’actif lors des cessions successives.
Ce cadrage relève de l’accompagnement en maîtrise d’ouvrage que le cabinet AEB 360 conduit auprès des professionnels de l’immobilier en Auvergne-Rhône-Alpes, du contrôle des pièces de réception jusqu’au pilotage des échéances de garantie. Sur la qualification juridique d’un dossier précis, l’articulation avec un avocat en droit de la construction reste la règle : notre périmètre est technique.
L’articulation entre responsabilité décennale et police dommages-ouvrage — qui préfinance sans rechercher les responsabilités — est détaillée dans notre guide de la garantie décennale et de l’assurance dommages-ouvrage, qui sert de base de lecture à toute cartographie de portefeuille.
3. Fixer le point de départ : la réception, et rien d'autre
Ni la livraison, ni la mise en service, ni l'entrée des occupants
C’est l’erreur de registre la plus fréquente. La date retenue est souvent celle de la remise des clés, de la mise en exploitation ou du premier loyer. Aucune n’a d’effet sur les délais : seule la réception — acte par lequel le maître d’ouvrage déclare accepter l’ouvrage — fait courir les garanties. Un écart de quelques mois entre les deux dates suffit à fausser toutes les échéances du bâtiment.
Réception expresse, tacite, avec ou sans réserves
La réception expresse est constatée par un procès-verbal signé et daté : c’est le cas sain. En l’absence de PV, une réception tacite peut être retenue lorsque la volonté non équivoque du maître d’ouvrage d’accepter l’ouvrage est établie — prise de possession et paiement du solde, notamment. C’est une reconstitution, pas une date, et elle se discute. Les réserves, elles, ne repoussent pas le point de départ : elles restent portées par la garantie de parfait achèvement jusqu’à leur levée.
Réceptions partielles, tranches et lots séparés
Sur les opérations livrées par tranches ou en corps d’état séparés, il n’existe pas une échéance par bâtiment mais une échéance par réception. Un ensemble tertiaire livré en trois phases porte trois calendriers décennaux distincts, et l’ascenseur d’une tour peut sortir de garantie biennale alors que le clos et le couvert de la même tour vient tout juste d’être réceptionné. Le registre doit descendre à la maille de la réception, pas à celle de l’adresse.
⚠️ POINT DE VIGILANCE
Une reprise réalisée sans constat efface la preuve
Le réflexe d’exploitation — faire intervenir l’entreprise de maintenance dès qu’un désordre apparaît — est en contradiction directe avec la logique de garantie. Une infiltration reprise en urgence, une fissure rebouchée, un équipement remplacé : dans les trois cas, l’ouvrage litigieux a disparu avant d’avoir été constaté, et la démonstration technique devient impossible à conduire. Sur un actif encore sous garantie, la séquence est inverse : constater, déclarer, puis réparer. La mise en sécurité provisoire reste évidemment légitime et ne se discute pas — c’est la remise en état définitive avant constat qui ferme le recours.
4. Construire le registre : les champs qui suffisent
Un registre d’échéances n’a pas vocation à doubler le carnet d’entretien. Il porte l’information strictement nécessaire à la décision : est-ce que ce bâtiment est encore couvert, par quoi, jusqu’à quand, et contre qui l’action se dirige. Un tableur suffit à condition que les champs soient stables et que la maille soit la réception.
Structure minimale d’une ligne de registre :
| Champ | Contenu | Pourquoi il est décisif |
|---|---|---|
| Unité réceptionnée | Bâtiment, tranche ou lot, pas l’adresse | C’est la maille réelle des délais |
| Date de réception + référence du PV | Date, nature (expresse / tacite), réserves et date de levée | Point de départ de tout le calendrier ; donnée non reconstituable |
| Trois dates butoirs calculées | Réception +1 an, +2 ans, +10 ans | Rend le registre exploitable en tri chronologique |
| Police dommages-ouvrage | Souscrite oui/non, assureur, numéro, coordonnées du gestionnaire | Sans le numéro, la déclaration prend des semaines de retard |
| Entreprises et attestations | Titulaires par lot, assureur décennale, numéro d’attestation, statut de l’entreprise | Une entreprise liquidée ne dispense pas de mobiliser son assureur |
| Désordres ouverts | Signalés, déclarés, en cours d’expertise, soldés | Distingue ce qui interrompt un délai de ce qui ne fait que le consommer |
| Prochain audit programmé | Date cible, périmètre, budget | Transforme le registre en plan d’action au lieu d’un inventaire |
Sept champs. Au-delà, le registre cesse d’être tenu — c’est la seule contrainte de conception qui compte réellement.
5. Cas-type : un portefeuille tertiaire repris en gestion
Le contexte — Un gestionnaire reprend en mandat un portefeuille d’immeubles de bureaux et d’activité livrés sur une dizaine d’années, transmis par un confrère lors d’un changement de mandat.
La situation constatée — Les dossiers techniques sont incomplets et hétérogènes. Certains actifs disposent d’un DOE complet, d’autres d’un simple jeu de plans. Aucune date de réception n’est consolidée, et les polices dommages-ouvrage ne sont identifiées que pour une partie du parc. Le suivi des désordres se fait par bâtiment, en réactif, sans lecture calendaire.
La démarche — La reconstitution part des procès-verbaux de réception, recherchés dans les dossiers de chaque actif puis, à défaut, auprès du maître d’ouvrage d’origine et du maître d’œuvre. Chaque unité réceptionnée reçoit ses trois dates butoirs. Les actifs sont ensuite triés par proximité d’échéance, et non par surface ou par valeur.
Le résultat — Le tri fait apparaître un petit nombre d’actifs à moins de dix-huit mois de leur échéance décennale, sur lesquels l’audit technique devient prioritaire, et un ensemble d’actifs déjà sortis de garantie, qui basculent en logique de plan de travaux. La décision d’engagement cesse d’être arbitrée à l’intuition : elle suit le calendrier.
6. La fenêtre d'audit : quand déclencher, et sur quoi
Le jalon utile se situe autour de T-12 mois
Déclencher un audit trois semaines avant l’expiration d’un délai ne sert à rien : il faut le temps de constater, de qualifier, de déclarer, puis de conduire une expertise contradictoire. À l’inverse, un audit conduit trop tôt manque les désordres à cinétique lente. La fenêtre exploitable se situe généralement autour de douze mois avant l’échéance, avec un point de contrôle intermédiaire à T-3 mois pour les désordres apparus entre-temps.
Cette logique de fenêtre s’applique aux trois échéances. Le contrôle des équipements dissociables se prépare pendant la deuxième année, l’audit du clos, du couvert et de la structure pendant la neuvième — et la levée des réserves de réception se surveille dès les premiers mois.
Ce qu'on regarde en priorité selon la nature de l'actif
Sur un immeuble tertiaire : étanchéité de toiture-terrasse et relevés, façades et murs-rideaux, étanchéité à l’air, réseaux CVC et leur régulation, planéité et revêtements de plateaux. Sur un bâtiment d’activité ou logistique : dallage — planéité, fissuration, comportement sous charge —, étanchéité de couverture, bardages, quais et fermetures. Sur un immeuble mixte ou d’habitation : parties communes, réseaux enterrés, ventilation, sous-sols et infiltrations en pied de façade.
Ce sont, dans la grande majorité des dossiers, les postes qui portent les désordres de nature décennale. Leur qualification relève de l’expertise des malfaçons et des non-conformités de mise en œuvre : il ne s’agit pas de constater un état, mais de démontrer l’écart entre l’ouvrage livré et les règles de l’art applicables au moment de sa construction.
7. Cas-type : un immeuble de bureaux à l'approche de l'échéance décennale
Le contexte — Un immeuble de bureaux en périphérie d’agglomération, occupé, dont la réception approche de sa dixième année. Des désordres ponctuels sont signalés depuis plusieurs exercices : traces d’humidité en sous-face de plancher haut du dernier niveau, décollements de revêtement en pied de façade.
La lecture de gestion — Ces désordres ont été traités en maintenance courante, par reprises successives, sans jamais être qualifiés. Aucune déclaration n’a été faite, aucun constat contradictoire n’a été établi. Le sujet est resté une ligne de budget d’entretien.
La démarche — L’audit d’échéance reprend les désordres à la source : origine réelle des entrées d’eau, comparaison de l’ouvrage aux référentiels de mise en œuvre applicables, distinction entre ce qui relève de l’usure normale, de l’entretien insuffisant et du vice de construction. Le rapport documente chaque constat et le rattache à un régime de garantie.
Le résultat — Les désordres de nature décennale sont déclarés avant l’expiration du délai, ce qui préserve l’action. Les autres basculent explicitement en plan de travaux, avec un chiffrage assumé. L’intérêt du gestionnaire n’est pas de tout faire prendre en charge : il est de trancher avant la forclusion ce qui est transférable et ce qui ne l’est pas.
8. Déclarer sans perdre la garantie : la mécanique
Une déclaration dommages-ouvrage doit être adressée dans le délai prévu au contrat — le plus souvent cinq jours ouvrés à compter de la connaissance du sinistre. À réception d’une déclaration complète, l’assureur dispose de soixante jours pour se prononcer sur la mise en jeu des garanties, puis de quatre-vingt-dix jours à compter de la déclaration pour présenter une offre d’indemnité. Ces délais ne sont pas indicatifs : leur dépassement produit des effets au bénéfice de l’assuré.
La constitution du dossier de déclaration obéit à une trame stable, quel que soit le régime mobilisé : nous en détaillons les pièces et les délais dans notre article sur la déclaration d’un sinistre en dommages-ouvrage, en multirisque et en décennale.
En parfait achèvement, l’action prend la forme d’une mise en demeure écrite adressée à l’entreprise, dans l’année. En décennale, le délai s’interrompt notamment par l’assignation, y compris en référé-expertise. La position du gestionnaire pendant cette phase est rarement neutre : l’expertise diligentée par l’assureur se déroule contradictoirement, et se présenter sans lecture technique propre revient à discuter le chiffrage d’un tiers sans base. C’est le rôle de l’expert d’assuré qui accompagne le maître d’ouvrage pendant l’expertise de sinistre, en portant les constats et le chiffrage du gestionnaire dans le débat.
💡 CONSEIL D’EXPERT AEB 360
Une entreprise liquidée ne referme pas le dossier
La disparition de l’entreprise titulaire est régulièrement lue, en gestion, comme la fin des recours. Elle ne l’est pas : l’assurance de responsabilité décennale est attachée au chantier et à la période de souscription, pas à la survie de l’entreprise. Ce qui devient critique, c’est la traçabilité : nom exact de la personne morale, numéro d’attestation, assureur et période couverte. Ces informations figurent sur les attestations recueillies à l’ouverture du chantier — et se retrouvent très difficilement dix ans plus tard. Les porter au registre au moment de la réception coûte quelques minutes ; les reconstituer après coup coûte parfois le dossier.
9. Gouvernance : faire survivre le registre au changement de gestionnaire
Un registre d’échéances n’a de valeur que s’il est transmis. Or c’est précisément lors des changements de mandat, de cessions d’actifs ou de réorganisations internes que l’information se perd : le fichier reste sur un poste, le successeur repart d’une feuille blanche, et la connaissance calendaire du parc est remise à zéro.
Trois règles suffisent à l’ancrer. Le registre est rattaché à l’actif, pas au gestionnaire, et figure dans les pièces transmises au même titre que le DOE. Il est mis à jour à deux moments seulement — à chaque réception et à chaque déclaration de sinistre — ce qui le rend tenable. Et il est relu une fois par an en revue de portefeuille, au même moment que l’arbitrage budgétaire, pour que la contrainte de délai entre dans la discussion au lieu de la subir.
10. Spécificités des parcs en Auvergne-Rhône-Alpes
Métropole de Lyon : parcs mixtes et réceptions échelonnées
Les portefeuilles lyonnais mêlent fréquemment tertiaire récent des quartiers d’affaires, immobilier d’activité de première couronne et bâti ancien restructuré. Les opérations livrées par tranches y sont la norme, ce qui multiplie les points de départ et rend la maille « adresse » inopérante. Sur les actifs restructurés, la question préalable est celle du périmètre : les travaux sur existant n’ouvrent la décennale que sur les ouvrages réalisés.
Grenoble et Nord-Isère : sismicité et contraintes de sol
L’agglomération grenobloise cumule une sismicité réglementaire élevée et un effet de site lié à la cuvette alluvionnaire ; le Nord-Isère porte des sols argilo-limoneux sensibles au retrait-gonflement. Sur ces territoires, l’audit d’échéance décennale accorde une attention particulière aux fondations, aux dallages et aux désordres structurels à cinétique lente, dont l’apparition tardive coïncide souvent avec la fin du délai. Ces missions relèvent de nos interventions d’expertise bâtiment à Grenoble et sur le bassin grenoblois.
Ain et couloir logistique : dallages et grandes surfaces de couverture
De la plaine de l’Ain au couloir rhodanien, les parcs d’activité et plateformes logistiques présentent des enjeux concentrés sur deux postes : le dallage — planéité, fissuration, comportement sous charge de stockage — et les grandes surfaces de couverture et d’étanchéité. Ce sont aussi les deux postes où l’impropriété à destination se démontre le plus directement, donc ceux à contrôler en priorité avant échéance.
Le calendrier, avant le diagnostic
Cartographier les échéances ne consiste pas à ajouter un outil de plus à la gestion technique. Il s’agit de rendre visible une contrainte qui produit ses effets qu’on la regarde ou non, et de replacer la décision d’audit là où elle a un sens : avant la forclusion, pas après le désordre.
Le retour sur investissement d’un registre ne se mesure pas en dépenses évitées — il se mesure en charges transférées à qui les doit. Un désordre de nature décennale déclaré dans les délais ne sort pas du budget d’exploitation ; le même désordre déclaré hors délai en sort intégralement.
Le cabinet AEB 360 intervient auprès des gestionnaires de parc, des bailleurs et des syndics en toute indépendance des assureurs, des entreprises de travaux et des fournisseurs. Nous ne réalisons aucun travaux : nous établissons le calendrier des garanties, conduisons les audits d’échéance et documentons les actions mobilisables sur chaque désordre constaté.
Les réponses de nos experts aux questions fréquentes
Q1 — À partir de quelle date courent les garanties d'un bâtiment ?
À compter de la réception des travaux, et d’aucune autre date. Ni la livraison, ni la mise en service, ni l’entrée des occupants n’ont d’effet sur les délais. La réception se prouve par un procès-verbal daté ; à défaut, une réception tacite peut être retenue lorsque la volonté non équivoque du maître d’ouvrage d’accepter l’ouvrage est établie, mais il s’agit d’une reconstitution contestable. Sur un portefeuille, c’est la donnée à sécuriser en premier.
Q2 — Que faire quand le procès-verbal de réception est introuvable ?
Il faut le rechercher auprès du maître d’ouvrage d’origine, du maître d’œuvre, du bureau de contrôle ou de l’assureur dommages-ouvrage, qui en détiennent souvent une copie. À défaut, la date se reconstitue par un faisceau d’éléments : prise de possession, paiement du solde, procès-verbaux de levée de réserves, correspondances de fin de chantier. Cette reconstitution doit être documentée avant qu’un litige ne survienne, car elle sera discutée le jour où elle deviendra décisive.
Q3 — Un désordre signalé à l'entreprise suffit-il à préserver la garantie ?
Un signalement informel ne produit pas les mêmes effets qu’une action formalisée. En parfait achèvement, la mise en demeure écrite dans l’année est le geste attendu. En décennale, le délai s’interrompt notamment par l’assignation, y compris en référé-expertise. Les échanges de courriels avec le mainteneur ou l’entreprise, sans qualification ni constat, ne constituent pas une action interruptive : ils documentent l’antériorité du désordre, ce qui est utile, mais ne préservent pas le délai.
Q4 — L'entreprise a été liquidée : le recours est-il perdu ?
Non. L’assurance de responsabilité décennale est attachée au chantier et à la période de souscription, pas à la survie de l’entreprise. L’action peut être dirigée contre l’assureur dès lors que l’on dispose de l’identité exacte de la personne morale, du numéro d’attestation et de la période couverte. C’est précisément pourquoi ces informations doivent figurer au registre dès la réception : elles se retrouvent très difficilement plusieurs années après.
Q5 — Quand déclencher un audit avant l'échéance décennale ?
La fenêtre exploitable se situe généralement autour de douze mois avant l’expiration du délai, avec un point de contrôle complémentaire à trois mois. Ce calendrier laisse le temps de constater, de qualifier techniquement les désordres, de déclarer, puis de conduire une expertise contradictoire. Un audit lancé quelques semaines avant l’échéance permet au mieux de déclarer, rarement de démontrer.
Q6 — Que couvre exactement la garantie de bon fonctionnement de deux ans ?
Les éléments d’équipement dissociables de l’ouvrage, c’est-à-dire ceux dont la dépose, le démontage ou le remplacement peut s’effectuer sans détérioration du gros œuvre : équipements de chauffage et de climatisation, ascenseurs, portes automatiques, contrôle d’accès, appareils d’éclairage. Sur un parc tertiaire, c’est la garantie la plus rapidement consommée et la moins surveillée, alors qu’elle porte sur des postes à forte valeur de remplacement.
Q7 — L'assurance dommages-ouvrage suit-elle l'immeuble en cas de cession ?
La garantie bénéficie aux propriétaires successifs de l’ouvrage pendant sa durée. Le problème n’est donc pas juridique, il est documentaire : lors des cessions, le numéro de police et les coordonnées de l’assureur ne sont pas systématiquement transmis, et l’acquéreur ignore parfois qu’une police existe. Ce point mérite d’être vérifié dans les pièces de la transaction, et porté au registre au moment de la reprise en gestion.
Q8 — Faut-il un audit par bâtiment ou un audit de portefeuille ?
Les deux répondent à des questions différentes. La cartographie se conduit à l’échelle du portefeuille : elle établit le calendrier, identifie les actifs prioritaires et hiérarchise l’engagement. L’audit technique, lui, se conduit bâtiment par bâtiment, sur les actifs que la cartographie a désignés. Engager des audits sur l’ensemble d’un parc sans tri calendaire préalable revient à dépenser sur des actifs déjà sortis de garantie. D’autres réponses sont réunies dans notre FAQ générale sur l’expertise bâtiment.
L'Œil de l'Expert AEB 360 : auditer avant la forclusion, pas après le désordre
Le cabinet AEB 360 intervient sur Lyon et l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes : Métropole de Lyon, Villefranche-sur-Saône et Beaujolais — Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Vienne — Bourg-en-Bresse, Ambérieu-en-Bugey, Pays de Gex — et dans toute la France sur les dossiers complexes : audits de parc multi-sites, grandes copropriétés, expertise judiciaire.
Nous accompagnons les gestionnaires de parc, bailleurs, syndics et directions immobilières sur trois niveaux d’engagement : la cartographie des échéances à l’échelle d’un portefeuille, l’audit technique d’échéance bâtiment par bâtiment avant expiration de la garantie, et l’assistance comme expert d’assuré pendant l’expertise contradictoire. Nous ne réalisons aucun travaux et n’avons aucun lien avec les assureurs, les entreprises ni les fournisseurs : notre lecture technique n’a rien à vendre d’autre qu’elle-même.
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